Marina Jacaré Village

Marina sur le Rio Paraiba dans le village de Jacaré entre Cabedello (port de commerce et de pêche) et la grande ville João Pessoa (capitale du Paraiba) (lien)

Cet article vous présente une partie des différentes personnes rencontrées lors de notre séjour à Jacaré Village.

Louis Guy, ancien corailleur et capitaine de yacht, il est en « vacances » à bord de son voilier, un grand soleil 46’. Un ami ayant une dette envers lui, le lui a donné avec une somme pour le remettre en état ! Sauf que la remise en état n’est jamais finie !! et Louis Guy doit faire face à des avaries qui le découragent un peu, ainsi que ses équipiers de passage !

Pascal et Yves ont fait le carénage de Tahaa un peu avant nous et nous ont donc permis de voir l’antifouling brésilien et le « Parklev » en fonction !
Eugène les a rejoint par avion, via São Paulo (il a raté sa correspondance pour João Pessoa et on en a entendu parlé !!) et ils doivent descendre vers Salvador puis Rio avant de remonter à Jacaré puis vers les Caraïbes …

Élisabeth et Jacques doivent revendre leur Exploration 45 (Garcia alu de toute beauté mais trop grand pour nous et bien sûr hors budget !!) à cause d’un problème de santé important de Jacques. Ils rangent et profitent de ce temps de « vacances » pour visiter un peu le Brésil à partir de Jacaré.

Franck et Marleen sont de grands voyageurs en bateau depuis fort longtemps et ils ont vu à peu près toutes les mers du globe depuis le temps qu’ils naviguent sur leur « Firiel » (Ovni 37). Ils viennent le remettre à l’eau ici à Jacaré pour le remonter vers les Caraïbes au printemps. Peut-être se recroisera-t-on ? Nous faisons avec eux la « découverte » du pré carnaval à João Pessoa avec ses camions sono immenses et plein de décibels !!

Manu et Basile sur leur « Joseph » (voilier pas tout jeune en acier de 10 m). Ils sont jeunes (31 et 28 ans) et férus d’escalades, cheval (Manu est monitrice d’équitation !) et de kyte surf ! Nous leur avons proposé de venir avec nous voir un peu l’intérieur du pays et ils ont accepté sans souci !! (Lien vers Pai Mateus). Leur chien Huanca, très gentil et obéissant, fait aussi parti du voyage !

Francis et Nicolas, deux français, sont les gérants de cette marina accueillante et conviviale !
Leurs expériences et les renseignements fournis sur la ville et les escales à venir nous ont bien aidés !


Jean-Pierre, le cuisinier du restaurant de la marina, (il est belge, mais nul n’est parfait !) nous a aussi bien guidé pour le carnaval et ses préparatifs. Merci à lui pour les sorties nocturnes en amont du carnaval !

Georges et Kica à bord d’Antartica (alu strongal de 20 m par 5.5 m !) sont là pour embarquer des passagers vers Dakar puis ils remontent vers les fjords norvégiens !! Georges à pour nom de famille : Meffre ! Ceux qui lisent les livres d’aventures de mer depuis déjà quelques dizaines d’années, connaissent ce Georges Meffre ! (lien).

Paul (franco suisse) sur un feeling 35 nommé Catriona (en souvenir de Stevenson !?) est un solitaire qui arrive du Cap vert quelques jour après notre arrivée ! Il pense mettre son bateau au sec ici, rentré en France puis revenir avec sa compagne, dans quelques semaines) pour voir la côte est du Brésil avec retour à Jacaré. Puis il continuerait seul vers les Caraïbes et nous a demandé de lui envoyer des renseignements sur la côte nord du Brésil !

Après ces jours de fêtes et de travaux bien remplis, tous ces joyeux moments passés en très bonnes compagnies, nous repartons avec un bateau propre vers le nord du Brésil. Escale prévue à Fortaleza et ça fera l’objet d’une publication prochaine ….

Lajedo do Pai Mateus

Après avoir beaucoup tergiversé entre l’Amazone et le Sertão à visiter en laissant Kéjadenn à la marina, nous avons finalement opté pour une balade en voiture vers Lajedo de Pai Matéus et les environs. Nous irons en Amazonie à partir de Bélem, mais en laissant le bateau à Cayenne. Les vols pour Bélem y sont très nettement moins chers ! La solution de laisser le bateau à Bélem nous a été très fortement déconseillée par Nicolas et Francis. Pas de marina avec ponton, donc sur ancre dans le rio Para et surtout une insécurité importante dans le secteur de Bélem (racket et vol d’annexe etc..).

La voiture réservée, nous proposons à Manu et Basile de Joseph de nous accompagner avec leur chien Huanca (lien vers page Jacaré chapitre Joseph). C’est OK pour eux et nous en sommes très contents.

Les routes brésiliennes ne sont pas si mauvaises que ce qu’on nous avait dit et nous pouvons rouler à la limite autorisée (80 Km/h ou même 100 Km/h sur certains tronçons !). Un départ en milieu de journée, nous amène à la pousada Granville à Campina Grande en fin d’après midi (il y avait une chambre en plus pour Manu et Basile, Huanca reste dans la voiture !) après avoir traversé quelques champs d’ananas et des endroits plus secs ! Un repas en « churascaria » et dodo car le lendemain nous allons voir des « cailloux » et ça risque d’être assez chaud. Le Sertão est la région la plus sèche du Brésil !

Une petite visite sans guide au Lajedo de Bravo

Puis arrivée à Pai Matéus, où c’est la pousada qui organise les visites sur son terrain (donc privé !) et il faut prendre un guide. Il ne sera que pour nous !

Retour en fin de journée à la pousada avec repas dans un restaurant « branché » de la ville. Bof !

Basile perplexe devant son oignon frit !
Mais il s’est régalé tout de même !

Le lendemain nous allons voir d’autres pierres qui portent des gravures préhistoriques

Le retour par des petites routes se fait tranquillement. Ces 3 jours passés « loin » du bateau nous ont apporté un vrai dépaysement !

Nous rendons la voiture le lendemain vers 14 h après avoir profiter du coffre pour faire un plein de courses pour le ravitaillement du bord. Dans les prochains jours, prochaines semaines, nous allons avoir besoin d’autonomie de ce côté-là ! En effet après avoir pris tous les renseignements nécessaires, nous décidons qu’un arrêt très court à Fortaleza (2 ou 3 jours) sera indispensable pour y faire les papiers de sortie du pays et un ravitaillement en fruits et légumes. Mais je m’avance et vous raconterais la suite un peu plus tard ……

Joao Pessoa

En partant de Salvador, nous avons peu de vent et il est presque « dans la route » ! Il faut donc s’écarter de la côte en tirant un bord pas très favorable et comme il y a du courant, portant au sud, le cap n’est pas du tout fameux !! Bref au bout de 2 heures, nous virons de bord et remontons vers le nord ….

C’est au rythme de l’escargot que nous avançons car le vent n’est pas bien fort, il est presque en face et le courant (1.5 nœud) nous est contraire aussi. Ils s’y mettent à deux pour nous inciter à faire du sud !!!! Tous les équipages rencontrés à Salvador nous y incitaient aussi ! Mais nous avons décider de voir cela pour une autre fois !?

Après 5 jours à ce rythme lent, nous arrivons dans le chenal d’entrée de Cabadello et remontons le fleuve qui doit nous mener à la Marina de Jacaré Village (lien). Francis et Nicolas tiennent cette marina depuis quelques années et accueillent de plus en plus les bateaux venant directement du Cap Vert. Mais ils voient arriver aussi de plus en plus les voiliers qui « finissent » le tour du monde en provenance de Captown en Afrique du Sud !

Cette escale est avant tout technique car nous devons réviser totalement le joint tournant de l’arbre d’hélice pour qu’il ne s’use plus anormalement, comme il le fait depuis le Cap-Vert ! Pour cela il faut mettre le bateau au sec et les installations de la marina nous permettent de le sortir de l’eau en sécurité. On en profite pour le nettoyer et refaire la peinture antifouling (ici les algues et coquillages poussent vite !).

Carénage Jacaré

La sortie d’eau le soir, juste à la marée haute, mais aussi juste avant le coucher du soleil, nous a obligé à commencer le grattage au crépuscule puis à le continuer à la frontale ! Quelques anatifes (Pousse pieds) encore accrochés à la quille et au safran, des plaques de balanes en « devenir » et quelques algues, bref le nettoyage était plus que nécessaire !

Le lendemain, après une nuit à bord avec quelques moustiques en plus, c’est Joëlle qui se colle au nettoyeur haute pression (pas si haute que ça !) que nous a loué Francis. Nous nous mettons au travail dès 6h00 car il fait relativement frais et plus tard ce sera le four dans cette cour !

Elle va passer toute la coque au « petit pinceau » (environ 40m²) pendant que je démonte l’arbre d’hélice pour avoir accès au joint tournant et au nettoyage de l’intérieur du tube d’étambot. J’en profite aussi pour changer la bague hydrolube qui sert de palier arrière à l’arbre d’hélice. Quelques suées et jurons plus loin, Joëlle a terminé le nettoyage et j’ai tout remonté correctement.

La partie peinture peut commencer ! Le « Tritão » de chez « International Brésil », est l’équivalent du « Trilux 33 » mais en plus dilué ! Ici les solvants s’évaporent rapidement et cela s’avère nécessaire d’en mettre plus. Le brassage du produit est tout de même fait à la baguette de bois et pas très efficace ! La 1ère couche s’en trouve assez peu couvrante. Nous étalons TOUT le contenu des 2 pots de 3.6 litres achetés en autant de couches que nécessaire et en privilégiant la flottaison, la quille et le safran avec son aileron.

Puis c’est la remise à l’eau 1 jour plus tôt que prévu et toujours à la marée haute, donc le soir ! (lien)

Une fois Kéjadenn remis au ponton, nous apprécions une bonne caïpirinha préparée par Jean-Pierre, merci à lui de nous attendre si tard le soir !

Les marées ne se mettant pas avec nous pour raccourcir notre séjour et nous avons du attendre les gros coefficients pour que la sortie d’eau puisse se faire sans risque d’échouage ! Aussi, nous en avons profité pour visiter certains quartiers de João Pessoa

Nous avons aussi assisté à quelques préparatifs du carnaval car nous n’y serons plus à cette période là !

Une autre curiosité de Jacaré, c’est le Boléro de Ravel au coucher du soleil …

Nous avons pris aussi le temps de prévoir un petit séjour à l’intérieur du pays avec une voiture de location.(voir article sur Pais Mateus)……

Chapada Diamantina

En bateau, le « défaut » est que nous ne voyons souvent que la côte et les bords d’un pays accosté ! Aussi nous avons mis dans notre programme, de laisser le bateau quelques jours, prendre le bus et d’aller voir un peu « l’intérieur ». Annick et Georges nous avaient conseillé le parc de la Chapada Diamantina autour de la ville de Lençois (État de Bahia). Nous avons donc réserver une pousada et un aller retour en bus (environ 6h30 de trajet !) par internet à partir de Salvador…

Un départ, en taxi, de très bonne heure pour arriver à la « rodoviaria » (Gare routière) de Salvador à 6h45. Les bus sont très confortables, toilettes, sièges inclinables (vraiment !) et clim pas trop froide (en tous les cas dans la journée !). Un arrêt en route pour un casse croûte dans une « lanchonette » et arrivée à 14h avec une petite heure de retard car une fuite de liquide de direction a bloqué le bus pendant 1 heure dans une station service !

Paysage sec en route !!

La pousada do rio (notre réservation) est à 10 minutes de la gare routière et nous en profitons pour passer à Chapada Adventure, chez qui nous avons réservé deux jours de visites guidées dans le parc. Nous prenons rendez vous pour le lendemain matin 8h30 à la pousada.

En attendant nous allons nous rafraichir dans le rio qui passe à côté de la pousada et découvrons un endroit très sympathique :

Le lendemain c’est à 8h30 précises que Pedro, notre guide pour ces deux jours, vient nous chercher avec le mini-bus. Nous serons 6, un couple de jeunes brésiliens en vacances, un jeune couple de français en congés de vadrouille pendant 4 mois, et nous.

Pour commencer ce sera la Cachoeira do Mosquitos. Cette cascade doit son nom, non pas à cause des insectes, mais plutôt des petits diamants que les anciens y ont découvert. Nous sommes dans la Chapada Diamantina, une ancienne région de carrières de diamants aujourd’hui épuisée.

Après une bonne douche et une petite heure de marche pour y descendre et en remonter, nous apprécions un bon repas au buffet en haut de la cascade.

Puis ces sera une autre cascade pour l’après midi avec un peu plus de marche dans le lit du rio : Poço do diabo !

Le soir, le dîner se passe chez Pedro qui est aussi et surtout restaurateur.

Le lendemain, le groupe est différent (2 guides et 12 personnes) et nous devons aller voir des grottes, un lieu de bain et, si le temps le permet, le coucher du soleil à un joli point de vue !

Puis une autre grotte où, si il avait fait beau, nous devions voir les eaux bleues, d’où son nom : Gruta Azul !

Un bain pour tout le corps qui commence par un « nettoyage » des pieds !!

En ce qui concerne le coucher du soleil, vous avez vu le temps que nous avions à la Gruta Azul … Et bien cela ne c’est pas arrangé et le brouillard est venu boucher le superbe point de vue ! Donc retour à la pousada et nous retournerons chez Pedro boire un caïpirinha (ou deux !) et goûter à ses spécialités. Il nous fait déguster ses crêpes ! Si si !

Le bus nous reprend à 23h30 et nous rentrons au bateau le lendemain matin avec de très chouettes souvenirs de cette petite escapade brésilienne. Encore des rencontres avec des gens sympas et qui « bougent » !

Bahia do todos os Santos

« La plus belle baie du monde ». c’est toujours ce que l’on dit de toutes les baies, mais celle ci est vraiment très jolie et assez grande pour y rester plusieurs jours voire semaines afin de tout découvrir !

Nous n’avons pas pris toutes ces semaines, mais les 3 que nous y avons passé à parcourir certains recoins de cette baie nous ont rempli les mirettes de très belles images et nous y avons rencontré des gens superbes !

Voici, dans un ordre certainement pas chronologique, un aperçu de ces rencontres …

La Bahiannaise
Les Ibis en vol bien ordonné !

Un petit tour dans l’intérieur du pays est la suite du programme ….

Océanis

Claudine et Jacques sont deux retraités heureux. Ils passent la moitié de l’année (l’hiver boréale) au Brésil et l’autre moitié (l’été boréale) chez eux à Lorient (Port Louis). C’est leur rythme depuis 10 ans. Ils ont découvert ce pays en y arrivant, comme nous, en bateau, et ont décidé d’y rester tant qu’ils peuvent ! Ils ont demandé et obtenu un visa permanent en temps que retraités français et « doivent » l’honorer au moins une fois tous les 2 ans ! Nous les avons rencontrés à Salvador et retrouvés à Itaparica, qui est leur « port d’attache ».

Leur bateau est « brésilien », c’est à dire acheté au Brésil. C’est un bateau importé (Bénéteau) et donc payé avec 105% de taxe par son 1er propriétaire car ici ça marche comme ça ! On ne peut pas importé son propre bateau plus de 2 ans (et encore sous certaines conditions !) et encore moins le droit de le revendre sur place (c’est passible de prison !). Donc ils l’ont acheté d’occase ici mais à un prix comprenant bien sûr cette surtaxe (l’ancien propriétaire ne voulant pas y perdre dessus !!). Il est gardienné à l’année au mouillage d’Itaparica (corps mort posé dans la rivière) par un marinhero qui en assure aussi le carénage !

Ils nous ont offert leurs conseils de coins à voir ou à éviter, des cartes et des tuyaux pour bien vivre dans ce pays qu’ils aiment ! Merci à eux et peut-être à une autre fois !?

Ate logo comme on dit ici !

Texas

« Petit Jaune » de 36 pieds (11.30 m) ressemblant très fortement à Kéjadenn. C’est un dériveur intégral en acier, plan Caroff (?) dont le propriétaire (Laurent) a fait tous les aménagements et accastillages lui-même, depuis de nombreuses années.

Laurent navigue avec Ambre. Nous les avons rencontrés une première fois à La Palmeira de l’île de Sal au Cap Vert. Puis recroisés à Caniçal et à Mindelo, toujours au Cap-Vert. C’est à Mindelo que nous avons pu souhaiter un « Joyeux Anniversaire » à Ambre (24 ans). Ils font parti des rares bateaux à vouloir aller au Brésil ! Ils sont partis de Mindelo et du Cap-Vert bien après nous et nous ont rejoint à Salvador au moment où nous partions pour la Chapada Diamantina. En revenant nous avons donc été à Itaparica car c’est là qu’ils ont « élus domicile » !

Leur programme les emmène vers le sud (Brésil et Argentine avant, peut-être de traverser vers l’Afrique du sud et l’Océan Indien …. Avant de les quitter nous y avons fêter les 51 ans de Laurent, Joëlle avait fait un chouette gâteau au chocolat (Laurent adore le chocolat !) et je lui ai offert le « vélo » (c’est juste un pédalier repliable !) que j’avais emporté pour faire un peu « d’entretien » pendant les traversées et dont je ne me suis jamais servi !!

Bon anniversaire Laurent et à bientôt !

Peut-être nous recroiserons nous aux Caraïbes car ils ont aussi une opportunité de convoyer un bateau sur la transat retour vers la Méditerranée ? ….. Ate logo !

Salvador

Après 17 jours de traversée, pendant lesquels nous étions « seuls », nous nous retrouvons dans le port d’une ville de plusieurs millions d’habitants. Une petite appréhension est présente mais difficile à décrire ! Alors on se laisse porter…

Un accueil avec des dauphins « brésiliens » (lien) nous permet de faire la jonction entre tous ces jours « d’isolement » en mer et la « civilisation » que représente cette ville avec ses gratte-ciels, ses embouteillages et ses « bruits ».

Nous commençons par une petite visite au Mercado Modelo (les pontons sont juste devant !) pour y prendre un « bain de foule » (on est dimanche !) dans cette grande vitrine touristique (ici c’est l’été et les vacances pour certains !).

Un peu déboussolés et abasourdis par la « foule » que nous croisons, nous y dégustons un caldo de canha (jus de canne à sucre pressée, écrasée sur place et versé sur de la glace pilée : d é l i c i e u x !!)….

… une glace à la coco et ananas puis plus tard une bière brésilienne (bouteille de 600 ml et légère) avant de rentrer au bateau pour y roupiller de bonne heure et « avaler » ce décalage qui n’est pas que « horaire » !

Accueil très sympas des locaux et notamment de Dominique, le capitaine du port de plaisance, un Breton qui vit ici depuis 36 ans et connaît bien les us et coutumes à respecter, ainsi que les coins à voir et ceux où il ne faut pas aller !!

Quand vous arrivez dans un pays, il faut passer par les autorités : Police Fédérale, Douanes et Capitainerie Portuaire. Toutes ces démarches administratives sont à faire dans un certains ordre et en respectant des règles vestimentaires ! Ces fonctionnaires n’acceptent pas de voir arriver, dans leurs bureaux, des plaisanciers en tenue « légère ». Si vous arrivez en short, sandales et débardeur, ils ne vous considèrent pas, ne s’occupent pas de vous ou même vous demandent de sortir ! Pantalon, chemise ou t-shirt manche courte et chaussures sont appréciés et vous donne un sésame indispensable pour continuer ces démarches.

Pour la chronologie, c’est d’abord la « Policia Federal » qui vous tamponne votre passeport et vous délivre un « visa » de 90 jours. avec ça vous allez à la « Receita Federal » pour déclarer le bateau, sa valeur et là aussi le tampon sur un formulaire vaut pour 90 jours (si vous avez besoin de plus pour le bateau il faut en faire la demande avant expiration de ces 90 jours et ça peut aller jusqu’à 2 ans !). Ça n’est pas finit, il faut, avec tout ça, se rendre à la « Capitanha do Porto » afin d’avoir l’autorisation de naviguer dans les eaux de l’état ! Là, ce ne sont pas des fonctionnaires civils, mais des militaires et ça ne rigole pas avec les autorisations, la tenue ou les règles …. Je ne vous raconte pas le temps que cela prend à remplir des formulaires en 1 ou 2 exemplaires et en informatique en plus !!!! Bref c’est un petit marathon administratif qui vous prend la journée. Ici à Salvador ces différentes autorités ne sont pas trop éloignées les unes des autres mais dans d’autres villes il faut aller à l’autre bout de la ville ou même à l’aéroport !!

Avant de partir de Bahia, il faudra revoir la « Capitanha do Porto » pour signifier notre sortie de l’état et prévenir l’état de notre prochaine destination ! Et pour quitter le pays, il faudra refaire toutes les démarches vers toutes ces autorités avant les fameux 90 jours de visa !! On y est pas encore et on verra où nous ferons tout ça !

Vous l’avez noté, nous sommes arrivés le 29 décembre et rapidement nous nous trouvons dans la fête du réveillon de la saint Sylvestre….

….. Ici cela se nomme La Virada (le virage ou le changement !).

Une plage de quelques kilomètres (Boca do Rio) sur la façade atlantique accueille cette fête populaire (sûrement la moitié de la population s’y retrouve !!). Bain de foule sans oppression (il y a de la place !) et dans une ambiance musicale et dansante très familiale. Ça n’est pas dans nos habitudes, mais l’occasion ne devait pas être laissée de côté ! La musique brésilienne, nouvelle et ancienne, y est le point central pour toutes et tous. Et ça bouge (lien) !!

Ça n’empêche pas de renouveler nos vœux (Feliz ano novo 2020) pour cette nouvelle année !

Découverte de la ville, rencontre avec les locaux en cette période de fêtes, voilà une partie de notre programme pour les prochains jours.

Juste une petite précision pour les personnes intéressées par la navigation dans ces régions : Les balises latérales, ici ont des couleurs inversées par rapport à chez nous ! Nous sommes dans le système B. Les balises tribords sont rouges avec un voyant conique et les bâbords sont vertes avec un voyant cylindrique !! Il ne faut pas se tromper et sans cesse y penser dans les entrées et sorties de port !

Pendant la traversée, j’avais bien vu qu’il y avait des « trucs » qui s’accrochaient sur la jupe. Mais en arrivant j’ai découvert ces bestioles. Pas assez grandes pour être mangées (c’est pourtant vachement bon !) mais bien assez pour nous freiner car il y en avait autant sous la coque, malgré la peinture antifouling ! Avant de partir vers les îles de la Bahia, elles n’ont pas survécu au manque de mouvements de l’eau autour d’elles. Pour celles qui résistaient encore, je les ai grattées en apnée !

On ne reste pas trop longtemps dans la grande ville et on va profiter de cette Bahia de tous les saints ! …..

Brésil

C’est un très grand pays et nous allons y passer quelques semaines, voire quelques mois ! Ce ne sera pas plus de 90 jours car c’est le temps maximum qui nous est autorisé (lien). C’est un peu court pour tout voir de ce pays multi-facettes, mais dépasser cette limite c’est prendre le risque d’avoir une amende qui représenterait la valeur du bateau et quelques temps en prison en plus …..

Donc on se limitera à ce temps !

Un petit préambule avant de faire des articles plus détaillés sur les états et villes que nous allons visiter et les gens que nous allons rencontrer :

Je ne vais pas faire une leçon de géographie physique et encore moins politique de ce magnifique pays (lien) . Je me contenterai de vous dire que le Brésil est une terre de CONTRASTES +++, que le rythme de la vie se fait en fonction du soleil (chaleur +++) et de la musique.

Ce n’est pas pour autant un pays de Bisounours :

Nous y arrivons avec un peu de connaissances, mais anciennes car datant de 25 ans quand nous y sommes venus avec Men-Kar (notre premier voilier) et nos enfants. Nous savons qu’il faut respecter certaines règles vis à vis des autorités de toutes sortes et même aussi avec la population ! Vous les découvrirez au fur et à mesure que nous y serons confrontés, si je n’oublie pas de vous les mentionner !

Nous revenons dans ce pays car la musique y est belle et présente partout ! Il y a la musique avec les instruments (lien à écouter pendant la lecture de ces articles !) et la musique de la langue que les gens font dans la rue tout en communiquant ! Les accents des différentes interpellations au voisin ou d’un bout de la plage à l’autre rive, sont autant de musiques agréables à entendre même s’il est difficile de bien comprendre ce qui se dit ! Et encore plus d’y mettre le bon accent quand nous devons nous faire comprendre à notre tour. Mais on se débrouille !

Les Brésiliens sont des personnes aimables, serviables et très attentionnées (il y en a des comme ça aussi dans beaucoup d’autres pays !). La vie y coule de source, si on en a les moyens, mais ça ne doit pas être le cas pour tous les Brésiliens !! Il y a encore beaucoup d’écart entre les riches et les pauvres, mais une classe moyenne c’est agrandie de façon notoire.

J’ai dit que je n’allais pas vous faire une leçon de géo-politique et je vous renvoie aux différentes sources d’informations qui vous sont habituelles (lien) ou (lien) pour en savoir plus !

Maintenant place aux touristes que nous sommes et qui vont découvrir encore tout un tas de nouvelles choses et rencontrer plein de nouvelles personnes …..

Grande traversée vers le Brésil

Où en étions nous ? Ah oui ! Nous partions de Brava, la dernière fois que je vous racontais ce que nous vivons avec Kéjadenn. Nous avons donc largué les amarres, ou plutôt nous avons relevé l’ancre pendant qu’un « local », sur le quai, nous larguait l’amarre passée à terre à l’arrière du bateau. Obligado e Ate logo ? (Merci et à une prochaine ?)

Notre prévision de trajet …..

Soleil et vent  plutôt musclés semble-t-il mais la mer n’a pas l’air méchante ! Sortie du port on range tout sur le pont et on déroule un bout de génois pour avancer. Le moteur va rester un moment car les batteries ont besoin d’une bonne charge ! Le paysage est magnifique et ce côté de l’île nous était inconnu. Terre aride et très escarpée avec plusieurs plans de « montagne ». Quelques coins où poussent des buissons, mais aucune habitation même vers le sud de l’île. Seulement un phare sur la pointe sud, dernière « lumière » avant longtemps !

Un petit courant de 0.7 nds est contre nous mais pour l’instant le vent et le moteur font avancer à 5 nds !! Au bout de 2 heures, le vent passe au sud ouest, pas fréquent dans ces parages ! Et malgré le moteur à 1800 tours/minutes, nous n’avançons qu’à 4 nds ! Les réserves de gasoil sont limitées et si nous commençons à les entamer dès maintenant, que va-t-il nous rester pour passer les calmes du « pot au noir » (lien). Donc on éteint le moteur et n’avançons qu’à 2 nds sur l’eau et 1.5 nds sur le fond !! Je ronge mon frein, ou plutôt je me demande si ça va durer et combien de temps ? Les prévisions du fichier météo, pris juste avant de partir, nous donnaient 15 à 20 nds de vent de Nord-Est !!?? Bref, je vous passe tous mes états d’âme plus ou moins pessimistes et alarmants (ceux qui me connaissent peuvent voir de quoi je parle !). Mais ça dure et ce n’est que vers 22h qu’une première bouffée d’air nous fait atteindre les 3.5 et même les  4 nds !!. Cela non plus ne dure pas et pendant le quart de Joëlle, ça va même tomber à 0.8 nds sur l’eau avec toujours ce courant contre de 0.5 nds. Il ne reste pas grand chose pour commencer à parcourir nos 2000 miles jusqu’à Salvador !!

Dans un épisode de moteur, j’en profite pour hisser un bout de grande voile (2 ris) pour stabiliser le bateau afin d’avoir un peu plus de confort pour dormir. Le vent n’est pas avec nous, mais la petite houle est présente et plutôt désordonnée. Ça donne du roulis et ce n’est pas bon pour s’endormir.

Ah oui j’oubliais, pendant que nous désespérions (surtout moi !) d’avoir un peu d’air, la pièce réparée auparavant du capteur d’angle de barre du pilote automatique est tombée.  Heureusement j’avais été prévoyant, elle était assurée par une garcette qui a fait tout son travail. La pièce sera donc à refaire ou tout au moins à refixer et en mieux si on veut pouvoir se servir de ce pilote, indispensable quand on avance au moteur ! Petite précision, ce travail va être à faire avec le bateau en marche et peut-être en me mettant dans la jupe arrière pour le faire !!

Dans une manœuvre d’empannage, tentée par Joëlle, une butée du chariot d’écoute de grand voile lui reste dans les doigts ! Elle est trop costaude ! Encore une réparation à mettre au menu des prochains jours !

Donc vers les 10h du matin le vent semble s’établir du Nord-Est et commence à nous pousser dans le bon sens mais toujours avec ce petit courant contre ! Ce ne sera que dans l’après midi que j’affalerai la grand voile complètement car elle dévente le génois. Au bout de 24h de route, nous n’avons parcouru que 84 miles à la place des 120 escomptés en moyenne sur cette traversée ! Ouf, voilà l’alizé, nous avançons à 5 à 6 nds sur le fond et le courant est plutôt avec nous depuis ! Il était temps !

La pièce du pilote automatique est réparée et refixée à sa place, sans avoir à me mettre dans la jupe. Tant mieux car en avançant cela aurait demandé de m’arnacher et je m’y voyait assez mal ! la butée du chariot d’écoute est remplacée par une neuve (prévue dans les pièces de rechange embarquées !) et nous sommes, enfin je suis plus serein.

Merci Joëlle de n’avoir pas montrer ton inquiétude en même temps que moi !

Comme il ne faut pas perdre la main pour le bricolage, c’est au tour de la pompe des WC de ne plus vouloir faire son travail.

3 démontages, nettoyage et changement de clapets et membrane seront nécessaires.

Des poissons volants atterrissent sur le pont de Kéjadenn et nous les stockons au frigo en attendant de les passer à la poêle. La vie à bord prend son rythme et petit à petit les choses se posent.

Les quarts toutes les 6 heures. Cela nous permet d’avoir une bonne nuit de 6 heures de sommeil (lien) et ça compte !

Les repas sont surtout préparés par Joëlle.

et les petits entretiens surtout par moi (voir plus haut !). Pour les réglages de navigation, nous nous partageons les tâches en fonction des quarts.

La pêche n’est pas aussi productive que nous l’espérions. Les poissons sont plus rares ou plus méfiants !?

Équateur passé au petit matin (6h40 UTC) le samedi 21 décembre 2019,

Jusque là nous avons pu profiter de l’alizé du Nord-Est et la moyenne est assez bonne mais un peu moins de 5 nds tout de même !

Quelques grains bien noirs, même la nuit …

… nous ont arrosés copieusement, mais sans nous donner énormément de vent en plus.

Des tentatives de récupération d’eau de pluie (lien) ont été au programme de ces temps humides. Même si nous disposons, au départ, de 400 litres d’eau, il faut penser à l’économiser et donc aussi à profiter des cette manne céleste douce et bien faisante !

La douche (lien) est une activité fréquente dans ces latitudes chaudes ! il nous faut de l’eau de mer ! Il y en a tout plein autour, mais il faut pouvoir remplir le seau (sans arrêter le bateau !!) (Lien)

Ce n’est qu’après avoir passé la ligne que nous touchons des vents de Sud-Sud-Est qui nous obligent à naviguer près du vent. Ce n’est pas notre allure préférée, loin de là ! Le bateau est en permanence penché et il faut se transformer en dahu pour se déplacer !

Le vent a même le toupet de « refuser ». Pour les non initiés, cela veut dire qu’il nous oblige à changer notre cap car il vient de temps en temps exactement de là où nous voulons aller ! Il y a même un moment où nous avons viré de bord pour reprendre la bonne route mais le courant équatorial et le vent changeant nous ont dissuadés de continuer dans cette direction !

C’est donc pendant pas loin de 5 jours que nous avons navigué au près, avec des vents de 20 à 25 nœuds et une mer pas trop courte !

Cela nous nous a pas trop empêché de regarder les nuages,

D’autres activités sont aux programmes de toutes ces journées ….

Elle fait aussi un peu d’entretien et notamment l’étendage de la housse de couette (lien) qui a pris l’eau car l’aération avant tribord fuit quand la vague passe par dessus !

Jusqu’au bout de ce voyage, nous avons eu le vent plutôt Sud que Est et les épisodes moteurs ont été plus nombreux sur la fin…

2 grands dauphins (environ 3.50 m) viennent jouer dans notre étrave, le service d’accueil est vraiment top, nous adorons.

17 jours de traversée et nous amarrons Kéjadenn au ponton visiteurs de la Marina du Terminal de Nautico, au pied de l’Elévador Lacerda, à Salvador de Bahia.

Nous voici donc au Brésil !!! ……..